samedi 24 juin 2017



Impossible de t’écrire sans te dire que finalement j’ai décidé de partir. Le voyage s’est organisé dans ma tête depuis un bon moment. Il a juste fallu ce silence de plus pour me convertir. Comme on s’engage sur une voie, comme on rentre dans les Ordres. J’ai des envies d’enfermement loin de tout et à l’air si libre. Si tu savais comme j’aime les murs de pierres, les jardins médicinaux, les chants qui s’élèvent, les pieds nus sur le carrelage, au loin le monde qui se tracasse. 
Ce matin un peu de fraîcheur venue du ciel. La campagne respire sous l’ombre si précieuse. Il fera encore chaud, de la chaleur d’enfance aux heures de sieste là-haut dans la chambre bleue aux persiennes entrebâillées. On entend le murmure des abeilles à l’œuvre dans le lierre emmêlé aux rosiers grimpants. Le tilleul un peu plus loin en extase. Il y a des fleurs dans mon cœur. Des grands arbres aux écorces rassurantes qui racontent leurs âges, et des voix d’enfants criant «1,2,3 soleil » impatients de se retourner en imaginant d’avance qui se fera prendre, le pied en l’air, le bras tremblant, la vie de travers, sourire aux lèvres. Ils ne savent pas encore vraiment et leurs chagrins sont légers. Là des volets à repeindre des fenêtres qui coincent des portes qui se referment mal de la poussière qui s’envole au plumeau qui époussette pour aller se redéposer juste à côté. Les maisons racontent des histoires. Des odeurs de basilic montent de la cuisine, le vin sera fruité sous la tonnelle. Le crépuscule venant je jetterai le vieux châle noir sur mes épaules. Je vais prendre ce temps pour rêver un peu, flâner et lire. Je vais m'emparer de la mesure de ma solitude. Peut être trouverais-je quelques mots pour assembler des poèmes, que je serais seule à relire dans le silence, le soir, à la nuit tombante. Je sais aussi que je griffonnerai des Haïkus le calme m’inspirera des esquisses en accompagnement au coin de la page. La nuit m’a semblé annoncer un peu de ces jours sereins. Ceux auxquels on tient. Je suis tant lasse. Il y aura cet été qui traîne partout. Le pays sera envahi d’annonces d’orages de chaleur surement, tandis que les roses thé continueront de s’épanouir dans l’allée, indifférentes et discrètes. Et ce voyage en message qui traversera la saison. J’envisagerais un retour à l’automne peut-être.


 Texte M@claire© Droits Réservés

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire