vendredi 16 juin 2017



Là-bas juste au bout du jardin, tiens regarde, respire, c’est l’heure dégradée. Celle des ciels intimes. J’ouvrirai grand l’air et les fenêtres en seront reconnaissantes. C’est la parenthèse heureuse de l’heure du thé, le grand retour de la longue balade, la longue balade que je ferai, que je ferai en bord de mer. Je serai seule mais si vivante, ce sera comme le silence avant le jour, l’heure de l’aube. Celle où on a hâte de se précipiter dans la campagne, en bord de mer, sur les marchés, dans les cafés, sur les chemins, l’heure où l’on se confie aux arbres, l’heure de marcher pieds nus, l’heure des lèves-tôt, l’heure où j’ai envie de dire c’est beau, c’est beau, et de le dire encore, c’est beau. Je le dis, c’est beau. C’est mes vacances, tout ce bleu tu vois là, j’enverrai des cartes postales. Des photos polaroïd, beaucoup, surement. Peut-être même que je glisserai des éclats de sable dans des enveloppes en papier recyclé. Plus surement ils atterriront dans mes poches avec les tout petits cailloux, qui fredonnent des mots d’avant des mots de toujours, des mots chemins. Des mots muets. Je m’essaierai à quelques dessins sur le coin de mon carnet. Puis surtout je collerai des fleurs, des feuilles, en oubliant le nom surement. Je jouerai les vieilles dames qui perdent la mémoire. Tout ce joli collectionné, ramassé, je le garderai pour me faire des histoires, des histoires de bord de mer en hiver. Je serai vivante et prête aux rêves , aux songes nomades. Je vais en côte d’Armor cet été. Depuis des mois je garde mon secret de ce bleu à venir. J’ai tellement peur de gâcher mes promesses, il ne faudra pas que je pleure.

Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Net 



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