Et puis il y a tous les refuges, des anses, des mots de tous les jours, des gestes quotidiens pour oublier les vilains. La belle nature, la ronde des fleurs, les chants des oiseaux, le rire des enfants, les livres sur l’étagère, des mots poésie griffonnés au mur, tout blanc. La statuette africaine, le vase ébréché, les crayons de papiers.
Le petit coquillage gris et les bâtons d’encens. Le bleu tout autour. Tout un mantra de vie. La paix et le silence ont fait leur grande lessive. Il y a longtemps, des mots d’amour m’avaient dépliée en foulant tous les pavés sur le chemin. Je veillais sans vigilance. Parfois j’ai bien caché quelques larmes en resserrant mon châle, dans la nuit utérine qui s’approchait trop vite. J’en ai reçu des lettres, toujours écrites poste-restante. Je suis une insulaire, mes matins sont trop solitaires pour être partagés. Les vents y ont des fracas qui coupent le souffle. Ces grandes tempêtes ne sont pas pour les fragiles tourmentes. On ne triche pas avec la mer.
Même si on l’a met à table, dans un joli couvert, un dimanche.
Même si on l’a met à table, dans un joli couvert, un dimanche.
Texte M@claire©



n'ai pas l'assiette picassienne, la mer est loin
RépondreSupprimerpour le reste je me retrouve (sourire)
Sourire....
SupprimerOn ne triche pas avec la mer…
RépondreSupprimerComme le marinier, que le cruel orage
A longtemps agité dessus la haute mer,
Ayant finalement à force de ramer
Garanti son vaisseau du danger du naufrage,
Regarde sur le port, sans plus craindre la rage
Des vagues ni des vents, les ondes écumer ;
Et quelqu’autre bien loin, au danger d’abîmer,
En vain tendre les mains vers le front du rivage :
Ainsi, mon cher Morel, sur le port arrêté,
Tu regardes la mer, et vois en sûreté
De mille tourbillons son onde renversée :
Tu la vois jusqu’au ciel s’élever bien souvent,
Et vois ton Du Bellay à la merci du vent
Assis au gouvernail dans une nef percée,
Joachim Du Bellay, Les Regrets