"Il fait un temps fou de soleil carrousel
la végétation de l’ombre partout palpitante
le jour qui promène les calèches du bonheur
le ciel est en marche sur des visages d’escale
d’un coup le vent s’éprend d’un arbre seul
il allume tous les rêves de son feuillage
Belle vie où nos mains foisonnent je te coupe
je reçois en plein cœur tes objets qui brillent
voici des silences comme des revolvers éteints
mes yeux à midi comme des étangs tranquilles
les fleurs sont belles de la santé des femmes
Le temps mon amour le temps ramage de toi
continûment je te parle à voix de passerelles
beaucoup de gens soufflent ton nom de bouquet
je sais ainsi que tu es toujours la plus jolie
et naissante comme les beautés de chaque saison
il fait un monde heureux foulé de vols courbes
Je monte dans les échelles tirées de mes regards
je t’envoie mes couleurs vertes de forêt caravelle
il fait un temps de cheval gris qu’on ne voit plus
il fait un temps de château très tard dans la braise
il fait un temps de lune dans les sommeils lointains"



oh ce "jour qui promène les calèches du bonheur", oh ce tempsde cheval de château et de lune !... le désire
RépondreSupprimer@Brigetoun ouiiii c'est beau !
SupprimerSoudain, elle apparaît, enveloppée de vent,
RépondreSupprimerclaire dans la clarté, arrachée, semble-t-il,
et sa chambre, taillée en biseau,
remplit la porte derrière elle,
sombre comme le champ d’un camée
dont les bords sont frangés de lumière ;
et tu as l’impression que le soir n’était pas
avant qu’elle apparût pour, sur la balustrade,
déposer encore un peu d’elle-même :
les mains encore — afin d’être légère :
comme offerte au ciel par les files
de maisons, mobile à tous les vents.
RILKE
@Aramis, plaisir de vous lire. Oui Rilke, excellent rebond ! Merci
Supprimer