« Le voyageur apprend sa vie. Non pas revenu, mais rendu pour quelques heures à ce qui est, plutôt qu’emporté vers ce qui n’est pas encore, ou se retournant vers ce qui n’est déjà plus.
Le voyageur est immobile ; c’est le temps qui coule en lui, comme sur l’Indre quelques feuilles et beaucoup de reflets. Au même instant lié et détaché, semble-t-il, comme cette eau calme entre ses rives, hésitant autour des graviers et des petites îles d’herbe. »
Jean-Michel Maulpoix, Chutes de pluie fine, Paris, Mercure de France, 2002.



Les cent mille doigts de la pluie
RépondreSupprimertambourinent sur mon toit gris,
la pluie, la pluie, la pluie, la pluie,
berce ma grise songerie.
Elle est petite, elle est tranquille,
la pluie qui caresse la ville,
elle s’étire, elle s’effile,
chantant des romances faciles.
J’écoute ses légers ruisseaux
et je vois ses patients fuseaux
tisser les plus subtils réseaux
de dentelles d’argent et d’eau.
Pluie menue, ô pluie passagère,
tendre pluie, onde potagère,
tu t’enfuis sans plus de manières
et tu vas rêver sous la terre…
Pierre Gamarra
Hiver