mercredi 23 mai 2018



Très près trop loin
Quand tu es venu
Il y avait encore un cheveu blond sur ton épaule
Un moment d’errance sans le cœur à l’unisson
Je ne t’ai rien donné


Texte M@claire© Droits Réservés


mardi 22 mai 2018

La Rose en ouvrant à demi son corsage tente le regard du passant
Comme une voyageuse hors du temps
Déployant son plus fin parfum
Pour servir de guide à ceux qui s'éloignent du bruit de la ville
Son territoire est un périmètre intime
Éphémère si belle, elle ploie sous la légère brise
Elle me donne des nouvelles du monde
Sur chaque pétale, comme un îlot
Chaque courbe, et on embarque
Fragile et riche
Le temps d'une respiration

Texte et Photo© M@claire© Droits Réservés 


dimanche 20 mai 2018

S'offrir le luxe de se lever presque aussi tôt qu'un jour de semaine.Ouvrir les volets sur une fine brume qui rappelle celles des bords de mer en plein été quand la marée montante lance ses vagues sur le sable et que tu sais qu'il fera chaud tout le jour. Tout le monde dort. 
On est au degré zéro dans le silence matin. C'est l'addiction que je préfère, ma drogue et mon refuge. 
Le café emporte tout sur son passage. Le chat secoue à peine ses moustaches, troublé dans son profond sommeil par la fenêtre ouverte. Très près l'oiseau s'égosille pour répondre en écho à l'autre là-bas qui trottine de branche en branche. La rose sur le balcon est presque fanée. D'autres bourgeons prennent déjà la relève. J'ai passé la main dans mes cheveux, ajusté un coussin sur le fauteuil. Surement on mangera des fraises au déjeuner. Je t'oublie. 

Texte M@claire© Droits Réservés 


mercredi 16 mai 2018

Sous la pluie de mai
Comme une tristesse
Pivoines courbées

Texte et Photo M@claire© Droits réservés


jeudi 10 mai 2018



J’ai gardé le plus simple, sans broder des dentelles. Tes fils emmêlaient tout. Trop de coton de mauvaise qualité use les couleurs. Puis en esquissant des sourires devant l’ouvrage de vie, tant ce simple est le plus difficile à atteindre, je sais mon blanc-seing d’être. J’en ai fait des tours et des détours. Elles ont piqués les aiguilles, à m’en corner la peau, à faire affleurer le sang, à m’affaiblir la vue. À m’y briser le cœur. Oh ce labeur à s’y user le temps. Un jour enfin, démêler le tout, ne plus être prisonnière, ne pas être redevable. Se libérer de l’opus. En y passant tant de mots, en larguant tous les faux, aucune fleur ne s’imite, aucun miroir ne me limite. Aucune broderie ne m'est prison. Je n'ai jamais aimé les ajours. Il n'y a que  les rayonnements qui réchauffent.  Rien ne me cache, oser, ne pas seulement dire et clamer, mais juste le vivre. Pour de vrai. Le savoir et en économiser le précieux. Distribuer et offrir sans jamais s’en lasser. Agir en place d'écrire. A quoi bon presser le pas, s’en laver de pur sous la pluie de lumière. Faire rejaillir. Aucun besoin de répéter à l’infini cette harmonie, il suffit de voir le sourire à mes lèvres accroché, il n’y a plus de sel pour les piquer, il n’y a plus de vent pour les embrasser, ni de mer pour me détourner. J’en bats pavillon haut et beau. L’écriture est éphémère, la vie en est pleine. Etre fier de soi. S’habiter. Et puis  choisir. S'engager et ne pas en faire un  requiem. Cette tentation de Venise, haut et beau mon pavillon aux milles couleurs de vie, elle est bien là ma liberté de partir.

Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Marc Lagoutte©




samedi 5 mai 2018



Il y a la guerre là-bas. Des cieux brassés de fumées, des terres brûlées, des pieds nus affolés, des cris ont remplacé le chant des oiseaux. La vie dévastée, les sols désolés, des villages pillés, les horreurs inracontables. Impardonnables. Insupportables. Un désert de tout. Ma déchirure.
Sur le mur explosé, le soleil chaud caresse un éclat de faïence qui fut bleu dans la cuisine abandonnée. Jadis, plus loin, très loin, l’hiver ressemblait à ce flamboyant en fleurs près du jujubier lourd de fruits. Les femmes se couvraient la tête portant calebasses, comme offrandes au ciel, la démarche chaloupée, les pagnes illuminés, resserrés sur des poitrines saillantes, les éclatants rires, les regard complices et solidaires. Des enfants couraient accueillir les pères au bord du fleuve Niger. Paisibles pirogues bariolées de couleur déversant la pêche miraculeuse. Le frais du soir délivrait de toute cette attente. On palabrait longuement sur la place du village. On ne se cachait que pour s’aimer, loin des regards des vieux sages marabouts. Il faut venir jusqu’à la lumière de mon âge pour sentir l’éloignement, les douleurs et tous ces déchirements. Il y a cette ancre dans ma mémoire, puis le goût acide d’une mangue cueillie trop vite, cette envie indélébile de sentir ton odeur, l’essence de mon enfance, Afrique cette nuit j’ai rêvé de toi.


Texte M@claire© Droits Réservés
Photo moi au Mali par mon père René Chouard©


jeudi 3 mai 2018

Maintenant que je suis presque tranquille
Je regarde le ciel
Et je t'entends
Là, en moi
Tu fais parti de moi
Comme un être constant
Feutré, toujours raisonnable
J'y pense, j'y pense
A ce lointain de toi

Texte M@claire© Droits réservés
Image Capture Hiroshima-mon amour©


mercredi 2 mai 2018

Ma contribution  à la Revue en ligne "Lichen-Poésie"
dans le numéro 23 de ce mois de mai 2018.

Merci à Elisée Bec  son directeur de publication

http://lichen-poesie.blogspot.fr/p/marie-claire-chouard_30.html


lundi 30 avril 2018

Debout avant l’aube un silence monastique
Ecrire et quelques jours d’errance plus loin
J’ai oublié quel jour nous sommes
Cette douleur m’étreint comme elle étouffe
Sans doute partir dans un élan de jeunesse furieuse
Je sais qu’il n’y a pas d’arrogance chez moi
Seulement cette tranquille assurance dans ma marche chaloupée
De la femme africaine sur l’album photo
Excluant tout drame n'offrant que douceur ma seule fortune
Ne rien dire tu sais puis laisser le silence onduler sur la mer
Cueillir des pâquerettes  façonner mille vœux en grande envolée 
Dès que l'été viendra je ne ferai plus aucun effort
Restera ma nuque fragile en plein courant d’air sous les ombrages

Texte  M@claire© Droits Réservés
Photo Net 







lundi 23 avril 2018

Il y a des matins en rosées gorgés de couleurs
De ces lumières mêlées posées là pour enchanter les yeux
Aller en joie sans compter ses pas sans plus tomber
Se faire soleil dedans et alentours
Encore et mieux faire tant douceur
Vivre en ronde paumes ouvertes sur demain
J’ai mis ma robe à fleurs pour ne rien regretter, je pars.

Texte et photo M@claire© Droits Réservés