lundi 16 avril 2018



Envie d’être légère et ne peser sur personne. C’est par la fenêtre ouverte que je me suis laissée respirer par la venue de ce doux printemps. L’appel silencieux des fleurs odorantes. C’est si doux de sentir sur les joues la lumière se faire caresse. Cette nuit je regarderai peut être le ciel. Je me raconterai des histoires d’automne, de feuilles mortes. Il y aura peut être une main qui effleurera mes épaules. Et cette envie de m’enfuir en haute mer. Toujours inquiète et ne pas cesser de revenir. Je prendrai mon vélo pour aller contempler l’horizon. Comme on s’accorde une pause. J'écrirai une lettre pour oublier le bruit d’une porte qui s’entrouvre. Je laisserai entrer la lumière. Je n'aime pas les nuances.

Texte M@claire© Droits Réservés


samedi 14 avril 2018



Et si je faisais une liste ? Une liste de ce que je garde. Je sens que ça va faire beaucoup. Je vais en jeter un peu en écrivant. Ce sera surement mieux et je me sentirai légère. 
La liste: 
Une photo de la maison, des rubans, surtout le jaune d’or. 
Des coquillages, des marrons. Des carnets tous écrits, un cd de Mozart. Un rouge à lèvres rose poudre, une boite de chocolats en fer toute verte. Une fleur séchée, un pinceau à calligraphie. Ta voix sur mon répondeur. Des tickets de parkings, un foulard en soie beige. Un tatouage sur la cheville, un billet d’avion. 
Les mots que j’aurais voulu dire. Des boutons en nacres, mes herbiers dans des jolis cahiers. Un jonc en or et une petite carte de ce bistrot à l’ombre. Un très vieux briquet, la photo de mes 6 ans en noir et blanc. L’odeur de ta peau. Un plan miniature de Paris. Des clefs qui n’ouvrent plus rien. Les mots que tu n’as pas dits. Un réveil qui fonctionne encore. Une petite robe noire qui me donne un air très chic. Un bol avec mon prénom. Mes cheveux mi- longs et mon châle. Une boite d’anis, des chaussures à talons vertigineux que je ne mets jamais. 
Un billet d’un concert de Keith jarret à Pleyel. Des cartes du monde. L’envie d’être dans tes bras. Une affiche sur l’Inde. 
Une photo d’Amma épinglée sur le frigo. Ma vieille montre. 
Des bâtons d’encens. Le bob de mon père tout délavé. L’espoir que tu m’aimes encore. Une poupée russe, des secrets dans des boites. Un appareil photo qui ne fonctionne plus. Des graines de basilic. Un morceau de pagne. Des dragées aux amandes. 
Des matins frisquets. Des timbres usagés. Des lettres que je n’ai jamais postées. Un carnet de vaccination. Des crayons de papier. Un papier d’emballage de pastilles Vichy. Les yeux fermés pour penser à toi. Et je garde aussi beaucoup de choses pour moi.


Texte M@claire© Droits Réservés 


jeudi 12 avril 2018


Ça a commencé quand ? En fait je crois que cela ne s’est jamais vraiment arrêté. Il y a eu des moments plus intenses que d’autres, des émotions plus denses que d’autres, des questions plus précises, des réponses très claires. Parfois des mots flous. Des silences lourds, des lectures optimistes, des fous-rires complices. Des colères et des caprices. Des découvertes, des apprentissages, une belle vie d’enfant. La terre rouge, des avions climatisés, des îles envoûtantes, des vignes folles qui couraient sur les vallons. La maison en accueil. Solide, fière, chaleureuse. Enveloppée et abondante. Il y eu des croisements, des rencontres. Des jouets perdus, une marionnette boîte à musique qui fonctionne toujours, des tours qui faisaient mille lumières sur la nuit venue dans une ville. Des voitures et du bruit. Ce sentiment qu’on est d’ailleurs. Mais que malgré tout un jour il faudra composer avec elle, la ville. Des lampes à pétroles et des déserts, des pagnes aux affolantes couleurs, les langues apprises un peu, des jujubes et des mangues. Des odeurs, ah les odeurs de l’Afrique. Impossible de raconter. Elles sont là, en moi. Tout contre. C’est tout et c’est tellement. Et la latérite. Surtout la brousse. Et la nuit si noire. Des ruptures de racines. Comme des tsunamis. Un traumatisme. Il a fallu recommencer. Ailleurs. Dans un pays ou il faisait tellement froid et gris qu’il était difficile de distinguer le matin de l’après-midi. Puis Il y eu toutes ces images, ces indignations, ces colères, ces refus. Il y a eu aussi des boulimies de voir, d’apprendre, de comprendre, d’essayer de saisir le sens. Bien sur il y a eu les refuges, les douceurs, les bonheurs. La mer et les bleus. La forêt et les verts. La campagne et les fleurs. Et de nouveau la mer. Ma fidèle. Les amours, les enfants, mes victoires, les amis. Les deuils. Des vies à garder en soi. L’effondrement, un jour. Il y eu tous ces doutes. Des défis à relever. Des batailles à gagner. Retrouver le sourire, s’habiller couleur, délaisser le noir. Il y eu l’harmonie, apprivoisée, en patience, en quotidien. Des trébuchements aussi. Des larmes. Des nez qui reniflent, des soirs douloureux. Des châles qu'on resserre aux épaules. Tous ces froids. Puis les soleils en mémoire. Des moments calmes. Des paix soyeuses. Des bougies en éclaircies, des soirs où on refait le monde. Des mots écrits. Tous ces carnets de poésies. Des livres. Tellement de livres. Des isolements c’est certain. Il y eu des lieux vides, des trahisons, deux robes de mariée, des cartons à jeter, des volets à fermer. Des marches, des longues marches, seule ; toutes ces envies d’aller au bout et d’y aller encore, toujours plus loin. Avec toutes ces peurs de toujours. Un jour, tu sais que tu y es. Un cycle. Des promesses. Une main ouverte. Tu te dis, voilà c’est doux. J’y suis. Et puis, ce matin là en regardant le ciel, tous ces nuages qui passent, la tasse de café à la main, le Printemps qui s’ensoleille, la neige a fondu, la valise n'est pas très loin, tu vas y aller. Puis, tu croises ton propre regard dans le miroir. Tu sais, celui qui est dans le salon, oui, le petit, qui est rond et si discret. Tu t’arrêtes. Tout net. Il y a que tu comprends. Tu sais que non tu ne pourras pas. Tu vas devoir renoncer. C’est même ton corps qui t’alerte. L’étau. Cette douleur. Oui celle-là qui danse et qui te fait trébucher. Ça tourne beaucoup. La main sur le cœur, trouver la force de s'asseoir, attendre que ça passe. Tu sais que tu es seule. Tu as un peu peur. Le rose aux joues. Le picotement au front. Affolée tu sais que tu dois ne rien dire. Ne rien faire d’autre que renoncer. C'est comme ça, ça s'impose. 
Et puis surtout, retrouver le souffle. Voilà c’est ça. Tu tentes de retrouver la respiration. Et n’entraîner personne avec toi.

Texte M@claire© Droits Réservés
Photo©


dimanche 8 avril 2018



A l’approche de l’aube il régnait une lumière printanière
Plus loin le chant psalmodié des Laudes m’a traversé
C’est dans le frais du jour cette envie de m’ancrer
Il n’a pas vu la lumière changer sur mon visage
Je suis son absente avec sur le bord de la table ce vide
Revenir dans la lumière et cette vacance n’aurait plus de sens dirais-tu
Bon dimanche mon amour
Je me suis rendormie longtemps dans ses paumes


Texte M@claire© Droits Réservés
Peinture Graham Sidney


mercredi 4 avril 2018

Ma contribution à la Revue en ligne " Lichen" pour ce mois d'avril 2018 

Un grand merci à Elisée Bec son directeur de la publication.


http://lichen-poesie.blogspot.fr/p/marie-claire-chouard_29.html

Photo Net 





lundi 2 avril 2018



Il faut tendre l’oreille aux nuages qui prennent la route
Savoir les regarder de loin sans s’obliger à prendre le même côté
Je voulais vous raconter comment mon choix s’est porté aux couleurs en bord de sentiers abondant de chlorophylle
C’est auprès de la terre que je suis celle de mes anciens qui cultivaient les vignes
C’est là, assise sur une pierre à peine effleurée de soleil printemps
Que je suis restée pensive, le nez au vent, écoutant mon cœur vagabonder
De loin j’ai bien entendu les pas d’un flâneur pour qui marcher dans l’aride fait chemin de croix
Je n’ai rien à prouver et ces temps d'ascétisme sont trop anciens
Ils ne parlent à plus personne et effraient les enfants
C’est maintenant que je sais mon chemin pour les teintes déployées en instants émerveillés toutes saisons confondues
Je n'aime pas les histoires à se faire peur le monde en est suffisamment bien rempli
Je me suis relevée pour mieux souligner la lumière complice de la vie qui se prolonge
Mon vélo adossé à l’arbre perdait patience il est temps de repartir
Au loin c’est certain la mer contemplative roule ses derniers galets d’hiver


Texte M@claire© Droits Réservés

jeudi 22 mars 2018

Puis ce matin glacial, en bord de fenêtre, la neige avait blanchi les toits.
Bien-sur j'avais encore douce envie du chaud des bras du doux des caresses du tendre des baisers.
Tout l'équilibre d'amour.
Je n’ai rien fait pour l’empêcher de dire ses mots comme mise à l’épreuve de lui.
Un défi de nous.
Un peu plus loin il trouvera peut-être réponse.
Plus près et si le café n’est pas trop brûlant.
Plus lumineux et s'il lâche prise aux démons.
Très amoureux et s'il sait regarder.
C’est là dans l'aube naissante que j’ai oublié mon texte.
Ce matin-là j’ai juste déplié le jour.
Pour rendre le donné s’il est encore temps de faire soleil.

Texte M@claire© Droits Réservés
Photo net


mardi 20 mars 2018

On ne devrait jamais montrer ses blessures
Pourquoi ce courage là serait-il à exposer
A travers clarté et verrière
Entre
Et
Garde-toi du risque de devenir fanatique
Non tu n'es pas solaire
Et aucun papillon n'y brûlera ses ailes
Tant que la lumière ne sera qu'une étape
Elle restera une alerte qui secoue tes futurs
C'est une vision qui s'étrangle de l'intérieur
Il s'agit d'être pionnier
Mais tous les matins se renouvellent

Texte  et photo M@claire© - La verrière du Bon Marché - Paris 




vendredi 16 mars 2018

C’est ainsi
Je reste sur le seuil des mots
Longtemps je traverse des pages blanches
La pointe de mon crayon ne bouge plus je n’ai plus envie
C’est comme une salle d'embarquement
Mon regard accroche le ciel
J’y invente des histoires douces que je n’écris pas

Texte M@claire © Droits Réservés
Photo Heatrow Airport©  


mardi 27 février 2018

Est-ce son regard qui manquait d’amour ?
Dans chaque mot écrit épuiser l’abandon
Le silence fouille le cœur ce quartier dévasté
Attendre le mois de mai ses cieux chamarrés d’hirondelles

Texte M@claire© Droits Réservés

Photo Bernard Plossu©