samedi 13 janvier 2018



Au seuil de chaque soir
Il y a le crépuscule et l’ombre des fleurs sur la nappe
Le pain sur la table et l’odeur de la soupe
Tes mots me font asile et m’offrent chaleur
Comme toujours je m’y blottis
Au loin l'écho du clairon joue ses notes victoires
Dans le silence du champ de ruine
La nuit de nouveau recommencée
Il va faire encore froid
Je vais me remettre à coudre


Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Net 


jeudi 11 janvier 2018

A force d’être une lutte qui ne cesse
D’être un port qui ne veut que la mer
Tant le fleuve l’envahit de sable
Tant la marée basse s’infiltre partout
Tant la vase cherche à être pérenne
La vie est inquiète
Devant toutes ces pesantes lourdeurs
J’oppose obstinément une vive douceur
Pour être à l’abri du temps
J’irai en pointillé peut être
Favorisant les escales
Prolongeant les partages
Communiant les silences
Dans cette insouciance de vie
Pendant qu’au jardin que borde en dentelle la mer
L’ Armérie maritime jouera le blanc du bonheur

Texte M@claire© Droits réservés
Photo Net 


dimanche 7 janvier 2018

Ma contribution  à la Revue en ligne Lichen-Poésie dans la revue numéro 22 de ce mois de janvier 2018
Merci à Elisée Bec  son directeur de publication 
  


http://lichen-poesie.blogspot.fr/p/marie-claire-chouard_28.html


http://lichen-poesie.blogspot.fr/



mardi 2 janvier 2018

Nous n'avons rien fêté ensemble. Toi loin de moi, moi loin de toi. Tu sais, ici, on écrit beaucoup. Ça me sature un peu.Tout ce bruit.  Les mots se répètent. Comme des mantras. Des lettres tissées. La nature lissée. Un paysage qui se dessine. En répétition. En toute saison. La mer, les arbres, les ponts, le beau, le doux. Trop de mots tuent l'essentiel.  On est en  hiver. C'est vrai. Le temps est aux bilans. Chacun a ses urgences. On classe, on range. On jette, on écarte. Plus de témoin, on s'allège de ses hontes. On tourne des pages. Pour se tenir chaud. Ou pour s'aérer.  Pour se fuir. Ou pour se trouver. Parfois mieux se perdre. On pourrait se prendre aussi. Et ne plus jamais se lâcher. Le temps passe si vite .La vie s'empile. On plie bagage. J'ai eu très envie de partir. Quelques jours. Plusieurs mois. Surement des années. J'y suis allée sans toi. Parce que ce qui compte tu sais, maintenant, c'est de placer son élan au bon moment. En attendant le Printemps. Mon regard vers le ciel, je me le promets, restera droit. Et clair. Avec du soleil au fond des yeux. A l'horizon. Surement la mer. Bleue de toute façon. Ce sera bien. Nous n'avons rien fêté ensemble.
Moi loin de toi, toi loin de moi. Tu sais, ici, on écrit beaucoup. 
Pour se donner de l’éternité.

Texte M@claire© Droits réservés
Tableau Edward Hopper




samedi 30 décembre 2017



Parfois il fait un gris indéfinissable. Regarder la vie par la fenêtre devient un flou qui zoom
sournoisement  sur le moche le lent le froid le vent.
Il faut s’inquiéter un peu pour y mettre de la couleur. C’est en ouvrant le carnet coloré que je fais ce voyage. Les matins glacials de décembre ne me valent rien.
Personne pour me dire au revoir. Je n'ai pas de bagages.
J'ai tout mon temps.
Je suis entrée là pour me souvenir.
Ici, du vert amande dans les jardins de la Villa Médicis, là des dégradés ocres sur les façades usées des maisons, là du jaune citron, comme ceux trop lourds qui ont roulé hier dans les allées du jardin Villa Borghese.
Plus loin en redescendant, il faut admirer la vue de Rome simplement, regarder, s’imprégner. S’émerveiller. Tout embrasser du regard.
Poursuivre la voie semée de pavée jalonnée de marchands de gelato. S’asseoir en haut des marches de la Place d’Espagne. Et seulement regarder la vie. Se réchauffer au soleil italien. Ne plus parler. Rester là. Le temps qu'il faut. On devine bien un peu de dolce vita dans tout ça. C’est comme une douce rêverie.
Rome et s’échapper un peu de tout d’ici.


Texte et Photo M@claire© - Les citronniers du jardin Villa Borghese - Droits Réservés


samedi 23 décembre 2017



Demain je garde le goût de ton baiser éclaté sur mes lèvres 
Une grenade trop mûre qui s’évanouit 
Les rayons de soleil du soir s’emparant de l’horizon
Pour un peu en levant les yeux vers le ciel 
C’est comme aller au bout d’un voyage dire à d’autres 
Que je les aime sans te l’avoir dit
Ton soleil se couche et ce crépuscule appelle la nuit
Il n’y a ni victoire ni gloire la chaleur de tes silences sème 
Parfois une odeur de roses dans mes cheveux
Tous ces petits riens qui auraient pu combler l’absence 
C’est assise ici que j’entends le mieux ton écho en tête-à-tête 
Et même si je mets de soigneux désordres dans ma mémoire
Je garde toujours ce sentiment de ne pas avoir su 
Dire l’important de l'essentiel


Texte M@claire© Droits Réservés
Dessin J.A. Watteau, Femme en robe rayée sanguine vers 1716-18, British Museum Londres


mercredi 20 décembre 2017

Le long silence témoigne de la lourdeur de la peine
Un temps de refus
Un mutisme dont on a oublié la cause
Comme on prononce un pacte
Une longue lettre silencieuse
Pour mieux s'y loger 
Comme une obstination 
Pour dire l'essentiel
Un témoignage du besoin de se débarrasser de ses trébuchements
Et plus difficile est le pas vers l’autre
Le faux pas


Texte et Photo M@claire © Droits Réservés

lundi 18 décembre 2017



C’est un réveil à l’aube comme une évidence qui défait les grand fracas
Une grande paix où on en oublie les histoires inventées là où il n’y a plus la place
C’est ce matin calme que tu sais les blessures essentielles et les conquêtes de toi
Le temps qui passe les cheveux blancs l’enfance au soleil les merveilles et les peurs les vivants et les morts
Ces paquets de rages tous les éclats de rire les fracas de vie
Tu n’as pas envie de dire trop fort les petits bouts de soi
Juste un murmure pour faire craquer les mots en allumettes éphémères
Pour se tenir chaud et se transmettre la lumière
Un matin là
Tu sais bien que ce n’est pas renoncer mais qu’il te faut demeurer
Surement tu raconteras à l’autre la solitude
Il te fera peut être miroir et semblance en écho
Au loin la mer dansera plus loin les îles comme ancres


Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Marc Lagoutte© Les îles Sanguinaires


vendredi 15 décembre 2017



Il faudrait partir pour vérifier sur les collines qu’il se lève aussi
S’en aller avec un bagage vide comme on oublie exprès l’important
Pour au retour le remplir plus que son contenant
On imagine des souvenirs
Le rose des lauriers
De grands bruits de feuilles d’oliviers
Un peu de vent dans les cheveux
La mer si bleue à l’horizon
C’est mon tour d’avoir besoin de vous
Quand là-bas sur le chemin le soleil fait l’insolent
Et que le chat patiente dans ses caresses
Sur toute cette lumière d’hiver
L’amour dans chaque geste le mouvement encore un peu
Chaque pas fatigué
Il me semble que les mots
C’est un peu comme une maison en désordre
Je n’arrive plus à me trouver pertinente
A chaque tiroir à chaque placard ouvert tout est en vrac
Et cette tentation d’y retourner à chaque fois


Texte M@claire© Droits Réservés
Tableau Le chat à la fenêtre ouverte - Charles Camoin


samedi 9 décembre 2017



Et si je montais les escaliers. Sans savoir vraiment. Faire danser ma jupe, monter quatre à quatre. J’ai mis mes chaussures de tango. Les noires à petits talons. Pour aller plus vite. Il y a une musique qui entraîne. Celle-là qui fait le refrain de bonheur. Et cette envie. Qui fait pencher au bord. 
La rambarde sent la cire d’abeille. A loin la ville vaguement bruisse. Il fait nuit il fera jour. N’entendre plus que le cœur qui s’affole. Monter, y aller. Sans hésiter. Grimper les marches. Savoir que l’on va vers un essentiel. Une terre à conquérir. Comme un lieu indispensable. Dans mes poches un trésor. 
Le son de sa voix. Là, sous ma main. Ses baisers ses fureurs mes passions mes erreurs nos heures à nous. Les minutes se bousculent, les yeux s’aimantent, les mots silence. Les déplier les arracher les oublier. Laisser le voyage comme parenthèse. Lui faire toute la place. Léger et grave. Etre en vie. Je crois bien que je l’aime.


Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Net