vendredi 22 juin 2018

Oh cette envie de fouler l’herbe pied-nus
Et monter au jardin comme on part en croisade
Quand la nuit s’approche dans ces heures satinées
Où les rires sont à peine étouffés
Tant complices du soir intime qui s'annonce déjà
A peine cette douceur comme seule constance
Bien plus tard gribouiller des mots comme vague à l’âme
Une senteur de myrrhe envahissante s’éprendra de mes cheveux
Elle me fera caresse  effaçant les chagrins
Très tard plus loin mes yeux se fermeront
La nuque endolorie
Éblouie de sommeil


Texte M@claire© Droits Réservés




mercredi 20 juin 2018


A peine en touchant terre me sentant étrangère sans l’asile promis
De si près je suis repartie du bout des yeux en traînant les pieds le port dans la brume
Son ancre embrouillait tout qui me faisait tempête les jours de mer d’huile
Pour mieux me naviguer les grands jours en haute mer si bleue
Dans la confusion du sel des vents des bourrasques et la pleine lune
Quand le soleil pouvait atteindre enfin son zénith
Et nos langues se parler en silence ce langage des signes que nous sommes seuls à vivre
Combien de passagers étions-nous ?
Un jour peut-être il s’arrêtera de s’échouer à fleurs de mots confus
La tête penchée sur des vieilles cartes usées à force d'avoir été désaccordées
Ton escale sans nul doute je te le souhaite viendra je ne serais pas là tu ne sais plus
C’était trop simple de suivre l’étoile sans coder les messages il n'y a pas de trésor
J’ai beau frotter rien n’y fait cette incorrigible tâche
S'amuse à faire tatouage soleil curry sur ma chemise blanche

Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Fleur de Curry








dimanche 17 juin 2018



C’est l’heure du petit vin blanc. J’ai des envies de tonnelles effondrées de roses, à l’heure où les guêpes s’en retournent à la ruche. Les verres se sont parés de buée. Tiens le vent s’est levé. Viens, on va s’asseoir sur la terrasse, les pierres sont encore chaudes de la chaleur de l’après-midi, on va boire un Chablis. Ça fait château en bourgogne, vieilles pierres romanes et vallons enchantés. Viens, on regardera le soleil qui se couche à l'horizon loin là-bas derrière la vigne. Rapproche-toi un peu, oui comme ça, que je sente si c’est le chèvrefeuille qui m’enivre déjà ou si c’est toi qui me retiens encore un peu. Un éclat de rire plus loin et tu liras sur mes rides, un verre de ce petit vin blanc, attention, il ne nous rendra rien. Le soir va venir et je n’ai plus de projets.

Texte M@claire© Droits Réservés


samedi 16 juin 2018



C'est à regarder comme on se recueille
A faire révérence devant ces sillons de vie
Un message comme on se récite un mantra seule
SI intime que tenter l'écrire frôle l'imparfait
Cette lumière les bords d'ombres
C'est là tous ces chemins d'elle
Presque on sentirait sa douceur en mouvement
Mon regard caresse la main
Tant je m'applique à retenir mon souffle
Je me souviens


Texte M@claire© Droits Réservés
Photo Alessandro Bergamini©


vendredi 15 juin 2018

Mon archipel
N'est pas
De perles
Ni de chaînes
Tout au plus nomade
Je suis toute
Entière
Multiple
Et fière
Je n'ai comme horizon
Que ma simple vie
Je n'ai pas de liens
Qui tissent des chœurs
Aucune ancre
Libre comme je suis
Ne me regarde pas comme une voleuse
J'oscille entre terre et mer
Deux bords
Comme une éphémère

Texte et Photo M@claire© Droits réservés











vendredi 1 juin 2018

Ma contribution à la Revue en ligne "Lichen-Poésie"
dans le numéro 27 de ce mois de juin 2018. 😊

Merci à Elisée Bec son directeur de publication



http://lichen-poesie.blogspot.com/p/marie-claire-chouard_11.html


lundi 28 mai 2018


J'ai bivouaqué toute la nuit dans un rêve un peu fou de mer et de collines couvertes de fleurs faisant fête au printemps. Ce matin c'est le roucoulement paisible d'une tourterelle qui m'a réveillé. Sur la table de la terrasse le livre a pris un peu d'humidité. En le refermant j'ai cru sentir quelques grains de sable glisser dans ma paume. La mer sera toujours ma faiblesse quand elle me ramène à moi.
Le jour effacera mes émotions comme l'ombre accompagne l'apaisement si la chaleur se fait trop forte.
Une brise marine me caresse la joue. C'est en rentrant pied-nus que j'ai senti l'été approcher.


Texte M@claire© Droits Réservés

mercredi 23 mai 2018



Très près trop loin
Quand tu es venu
Il y avait encore un cheveu blond sur ton épaule
Un moment d’errance sans le cœur à l’unisson
Je ne t’ai rien donné


Texte M@claire© Droits Réservés


mardi 22 mai 2018

La Rose en ouvrant à demi son corsage tente le regard du passant
Comme une voyageuse hors du temps
Déployant son plus fin parfum
Pour servir de guide à ceux qui s'éloignent du bruit de la ville
Son territoire est un périmètre intime
Éphémère si belle, elle ploie sous la légère brise
Elle me donne des nouvelles du monde
Sur chaque pétale, comme un îlot
Chaque courbe, et on embarque
Fragile et riche
Le temps d'une respiration

Texte et Photo© M@claire© Droits Réservés 


dimanche 20 mai 2018

S'offrir le luxe de se lever presque aussi tôt qu'un jour de semaine.Ouvrir les volets sur une fine brume qui rappelle celles des bords de mer en plein été quand la marée montante lance ses vagues sur le sable et que tu sais qu'il fera chaud tout le jour. Tout le monde dort. 
On est au degré zéro dans le silence matin. C'est l'addiction que je préfère, ma drogue et mon refuge. 
Le café emporte tout sur son passage. Le chat secoue à peine ses moustaches, troublé dans son profond sommeil par la fenêtre ouverte. Très près l'oiseau s'égosille pour répondre en écho à l'autre là-bas qui trottine de branche en branche. La rose sur le balcon est presque fanée. D'autres bourgeons prennent déjà la relève. J'ai passé la main dans mes cheveux, ajusté un coussin sur le fauteuil. Surement on mangera des fraises au déjeuner. Je t'oublie. 

Texte M@claire© Droits Réservés