mardi 21 novembre 2017

T'es-tu jamais demandé ce qui nourrit mon désir
Mes promenades ombrées
Mes rêves bleutés
Mes voyages lointains
Mes lenteurs africaines
C'est comme un lieu qui aurait avalé la lumière
La conscience vide le doute au bord l'envie tout près
L'urgence  assumée de nos corps
Une invitation à faire s'effacer les retenues
Le feu de nos heures exige nos défis
Le frisson de nos envies gagne sur le temps
Nous faisons nos mots en chemin
Les boussoles n'ont qu'à bien se tenir
Mes siestes sont bien plus belles
Quand tu devines le soleil  sur mon cou

Texte M@claire© Droits réservés
Tableau Charles Camoin


dimanche 19 novembre 2017



Gouttes d'eau en pluie
Col relevé jupe qui vole
Partons à Rome
Ciel délavé en bleu
Mains serrées pas cadencés
Flânons dans Rome
L'hiver aux portes
A plein poumons respirer
Dînons à Rome
Basilic et pâtes emmêlés
Un verre d' Avignonesi
Dormons à Rome
La folle lumière au loin
Une nuit à l'italienne
Fêtons nous à Rome


Texte et Photo M@claire © Villa Médicis Rome - Droits Réservés



jeudi 16 novembre 2017

En passant vite
Le temps nous additionne
Sous les ombrages

Texte et Photo M@claire© Droits réservés


dimanche 12 novembre 2017

Comme un baiser  à disparaître d’un cœur criblé d’absence
D'intimes secrets à peine murmurés en formules magiques diaboliques
Allez-vous-en ! Allez en vous !
Tout s’est effacé sur une grande respiration au réveil
Des mains le nid n’a jamais fait son unité
Cet amour n’ayant jamais rien eu de furieux
A la lumière du matin tout mouillé de pluie novembre
Il s’est emparé de moi l’envie de la vie définitive
La rencontre avec la clarté immuable
De la vie toute nue  
Vraie 
Dépouillée  
Simple  
Pure
Je me souviendrai quand il fera froid d’écrire
Que désormais il m’est impossible de parler de nous

Texte M@claire©
Tableau Luigi Rissolo - Tre pini - 1944 




lundi 6 novembre 2017

Tu sais
Un peu plus doux
Il doit bien te souvenir le rouge d'un baiser
La fougue d'une étreinte
Le goût d'un envol
Juste avant la moisson
Elle aimerait t'offrir sourire
Et tous les étés avenir
Avant que le blanc de ses cheveux n'envahissent
Dis tu reviendras bientôt ?

Texte et Photo M@claire© Droits réservés




dimanche 29 octobre 2017



Ne dire rien
Au loin fraterniser le silence
Quand tout se fait plus dépouillé encore
Ne dire rien
Tout tremble un peu dans l’innocence du vent
C’est ailleurs quelque part et tout se fait passé
Ne dire rien
Pour assurer ma main quand je suis en route
Mon cœur courbé de tout ce poids
Ne dire rien
Se confesser au trouble du ciel
Les nuages en colliers de vœux
Ne dire rien
Mon monde caché dans le monde
D’ici toute parole est dépouillée
Ne dire rien
Parole pure dénudée d'écorces
S’accueillir fidèlement relever la tête
Ne dire rien
S’en tenir à ça pour s’élever enfin
Au cloître de la mer incendier tous les liens


Texte et Photo M@claire© Droits Réservés





vendredi 27 octobre 2017

Ouvrir la route, l’horizon, la maison, les fenêtres, les valises, les consignes, les mots, la solitude, les yeux, les idées, les émois, les pensées, les blessures, les silences, les vannes, la parenthèse
Arriver à temps
Pour être enfin légère
Puisque j’y tiens.

Texte et Photo M@claire© Droits Réservés


mercredi 25 octobre 2017

Seule avec mes doutes quand j’attends demain
Sur l’horizon la main crispée je m’arrime à l’envers du sens de l’écume
Si tu viens hier et même demain serais-je là ?
Tu m’attendrais au bout de la jetée sous les averses au loin?
Il fera marée haute le vent se lèvera pour célébrer ça
Tu le sais bien toi que le chant inspire
Jusqu’ au creux de l’hiver j’aurais pu avoir patience de sirène
Et si je pleure à quelques pas de mes repères effondrés
Je sais que j’effraierai les anges
Je n’ai jamais eu si peur du fracas de l’océan et du sombre en la forêt
Même si je comprends les secrets comme tout l’art du silence
Nous savons que bien avant l’aube nous achèverons tous nos soupirs
Vous reverrais-je ailleurs qu’en songe vos lèvres me troublent

Texte  et photo M@claire© Droits Réservés






dimanche 22 octobre 2017

Le soleil d’octobre s’appuie sur ma fenêtre. Le vent emporte les dernières chaleurs. Sur le petit cahier ouvert c’est de là que je n’écrirai plus de lettres d’amour. Les arbres en perdent leurs feuilles. La pluie en pleure à verse. La lumière silencieuse me donne la grâce d’approcher le simple. Quelques fleurs séchées dans l’herbier, un vague parfum d’encens, ici et là, des photos jaunies caressent le mur, il reste encore des tous petits grains de sable au fond de ma poche, un air de jazz tout près, la mer très loin. La vie s’appuie sur la douceur. Le soir arrive, je ne m’attarde plus dehors.

Texte M@claire© Droits Réservés

Tableau Vilhelm Hammershøi


mercredi 18 octobre 2017



Il va falloir rentrer les pots à fleurs, les géraniums ont fané, il va faire froid les nuits prochaines. Il faudra se résoudre à l'hiver à venir. Il faudra débusquer la paix. Surtout ne pas éventer l’adresse, la garder en intime, car envahie elle perdrait ses degrés de chaleur. Il faudra bien observer l’aube, quand elle donne la parole à l’arbre. Il faudra savoir patienter pendant que la vigne mûrit ses fruits pour offrir, la saison venue, ses meilleurs raisins. Il faudra en oublier des distances confuses pour goûter le bonheur en douce par la porte toujours entrouverte. Il faudra rester debout dans ce reflet de lumière et prolonger l’été dans la maison toute habillée de tendresse. Il faudra tenir serré contre soi tous les émois comme on serre le châle qui entoure les épaules d'une caresse en mohair si fragile. Il faudra élaguer ce qui ne peut rester pour ne garder que la vie qui vagabonde comme l’eau des ruisseaux qui s’en vient désaltérer les mille petits bonheur. Il faudra se souvenir qu’apercevoir par la fenêtre la rosée du matin reste l’instant le plus tendre qu’il nous soit donné pour s’apaiser. Il faudra prendre du poème les mots et laisser le vent faire les semailles au gré des saisons à venir.


Texte M@claire©
Photo Net